French poem
Servante d’Auberge
by Paul Harel (1854–1927)
Depuis que nous avons pris cette jouvencelle, L’œil ne peut soutenir l’éclat des carafons, L’araignée en courant déserte les plafonds, La marmite miroite et la broche étincelle.
Son charabia se mêle au bruit de la vaisselle. En dépit du patois, elle a des mots profonds. Sa maîtresse la trouve inhabile aux chiffons. Une fille après tout n’est pas universelle. —
Voilà ce que disait le grand-père autrefois, Jeanne, et le petit-fils élève encor la voix Pour te chanter, vieillie au loyer des ancêtres.
Demain tes soixante ans auront sonné chez nous. Sommes-nous aujourd’hui tes enfants ou tes maîtres ? Et quel nom te donner qui puisse être assez doux ?